Un article du vendredi 11 mai 2012 [origine ZDNet.fr > News > Informatique] dénonce le « Mal-recrutement » des informaticiens en France .

(Aux dernières nouvelles, les cordonniers seraient toujours les plus mal chaussés !)

Chiffres – Dans son enquête besoins en main-d’œuvre, Pôle Emploi comptabilise en 2012 28.000 projets d’embauche de cadres et d’ingénieurs de l’informatique. Les employeurs estiment toutefois éprouver des difficultés à réaliser ces embauches, ou comment faire rejaillir le spectre de la pénurie présumée.
Selon les résultats 2012 de l’enquête sur les besoins en main-d’œuvre des entreprises réalisée par Pôle Emploi, les postes « d’ingénieurs, cadres études & R&D informatique, responsables informatiques » figurent parmi les 10 métiers les plus recherchés cette année. Cette filière est classée comme la première pour l’emploi des ingénieurs et des cadres.
Pour ces métiers, Pôle Emploi comptabilise un peu plus de 28.000 projets d’embauche de la part des entreprises. Sans surprise, les principaux gisements pour ces emplois IT sont les régions parisienne, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées – et dans une moindre mesure le nord et l’ouest de la France.
62,3% des projets d’embauche jugés difficiles
Mais ces métiers de l’informatique se classent aussi dans un autre palmarès, celui des métiers assortis de difficultés de recrutement. 62,3% des projets d’embauche sont ainsi jugés difficiles par les recruteurs.
Faut-il y voir l’illustration de la pénurie de profils régulièrement invoquée par le patronat, et en particulier Syntec numérique ? « Tous les chefs d’entreprise du numérique vous diront qu’il y a un problème de pénurie de ressources […] Mais en parlant des chiffres on oublie l’essentiel. L’essentiel, c’est que la France ne produit pas assez d’ingénieurs, et en particulier en informatique » commentait encore son président en avril.
Cependant, pénurie et difficultés de recrutement ne sont pas nécessairement synonymes. Par ailleurs, ces difficultés remontées par les employeurs, essentiellement les SSII, ne sont pas nouvelles, et restent à un niveau élevé aussi bien en période de croissance que de récession.
Difficultés n’est pas pénurie
Une étude de Pôle Emploi parue fin 2011 relativise ces difficultés de recrutement et conteste « fortement la portée des supposées « pénuries de main-d’œuvre » fréquemment invoquées par les employeurs des SSII, en particulier lorsque la conjoncture est propice. »
Le Munci enfonce le clou et « dénonce la confusion trop fréquente entre « difficultés de recrutement » et « pénurie de main d’œuvre » », estimant ainsi que « les tensions dans l’informatique s’expliquent autrement que par un prétendu manque de candidats formés ». Gestion à court terme et manque d’attractivité des emplois proposés sont ainsi directement pointés du doigt.